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04 juin 2008

Le Palais : de Robert II dit "le Pieux" à Charles V

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Les premiers Capétiens, dont Robert II dit "le Pieux" (996-1031), font construire le Palais royal, symbole de la souveraineté.

Le logis du roi se situe à l'emplacement de la onzième chambre de la cour d'appel, entre la première chambre de la cour et l'entrée de la Cour de cassation. Le logis comporte un bâtiment central oblong, clos de chaque côté par une tour carrée. La tour de droite comporte au premier étage la cour du roi. Le bâtiment central comporte quatre pièces au rez-de-chaussée pour la Reine et quatre pièces à l'étage noble pour le roi.

Un escalier en colimaçon réunit la chambre du Roi et celle de la Reine. Plus tard, cet escalier est utilisé pour le transfèrement des détenus de la conciergerie à la salle du Parlement.

Après 1111, le roi Louis VI dit "Le Gros" fait construire dans la cour, en arrière du Logis du roi, le donjon de la royauté française. Ce donjon est connu sous le nom de "Grosse Tour" (plus tard sous celui de "tour Montgomery" : Montgomery est enfermé dedans et peut être même exécuté).

Philippe Auguste naît au palais en 1165. Il est baptisé dans la chapelle Saint-Michel (la chapelle se trouve à l'emplacement de l'actuelle entrée du public).

Du règne de Philippe Auguste date l'appellation de Parlement donnée à son conseil privé. On lui doit aussi la création des fonctions de bailli, de prévôt, et la fondation de l'université de Paris.

 

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La tour Montgomery

 

Le règne de Saint-Louis

Louis IX dit Saint-Louis occupe le Logis du roi. Il a passé sa nuit de noces en prière dans la chambre du Roi. Il entreprend de multiples constructions : la Sainte-Chapelle, le Trésor des Chartes, la chambre des Plaids, la salle sur l'Eau et la tour Bonbec.

La Sainte-Chapelle est construite pour recevoir la couronne d'épines. Elle reçoit des reliques insignes. A la suite d'une tractation avec l'empereur latin de Constantinople Baudoin II, Louis IX rachète les reliques que les empereurs byzantins ont conservés dans la Sainte-Chapelle du palais du Boucoléon.

Le Trésor des Chartes, bâtiment gothique jouxtant le côté nord de la Sainte-Chapelle, comporte trois étages. Les deux premiers servent de sacristie à la chapelle basse et à la chapelle haute. Le troisième étage est affecté à la bibliothèque et aux archives royales. Il est l'ancêtre de la Bibliothèque nationale.

Une galerie, située à l'emplacement de la galerie des prisonniers et de la galerie marchande, permet au roi d'accéder directement de sa Chambre à la chapelle haute. On accède au Logis du roi par une porte de bronze s'ouvrant au faîte d'un escalier de 45 marches.

 

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La Sainte-Chapelle
(chambre haute, chambre basse)

 

Un nouveau Palais sous Philippe le Bel

Philippe le Bel (1285- 1314) confie à Enguerrand de Marigny la reconstruction du Palais. L'enceinte de la Cité est déplacée. De multiples immeubles, qui s'élèvent soit à l'extérieur de l'enceinte soit entre l'enceinte et le Palais, sont expropriés. Le Logis du roi est aménagé. La Grande Salle (salle des Pas-Perdus), dénommée aussi salle des Procureurs et salle du Parlement, est le siège de la Justice où le roi se rend pour tenir les "lits de justice".

Philippe le Bel crée le poste de "concierge" à titre de gardien et d'intendant du Palais. Les locaux de la Conciergerie sont édifiés. La salle des gens d'armes est construite : elle sert de réfectoire aux 3 000 personnes composant la garde et les fonctionnaires du Palais. Le concierge est autorisé à louer des emplacements du Palais à des commerçants (telle est l'origine de la "galerie Mercière").
  
Au Parlement, on débat des affaires judiciaires. Il est composé pour l'essentiel de techniciens du droit, qualifiés de magistri (magistrats, maîtres).
Dans le cadre de la justice déléguée, le Parlement constitue l'instance la plus élevée, une instance d'appel essentiellement. Jusqu'à la création des parlements provinciaux, la cour, qui siège au palais de l'île de la Cité, est la seule véritable cour d'appel du royaume.

"Dans une salle, sur des sièges élevés des deux côtés, sont assis presque tous les jours des hommes d'Etat. Ils sont nommés d'après leurs fonctions propres : les uns maîtres des requêtes, les autres notaires du roi. Tous, suivant leur rang, obéissant aux ordres de la royauté, travaillent à faire prospérer la chose publique. Par eux sont présentées les requêtes pesées avec les balances de l'équité la plus sincère. Dans une Grand-Salle, des affaires difficiles se traitent, elles exigent la plus grande tranquillité et une plus complète retraite. Siègent en leur tribunal des hommes d'une habilité toujours éveillée les maîtres du Parlement. Leur infaillible connaissance du droit et des coutumes permet de discuter les causes en toute maturité et indulgence, lancer des foudres, des sentences définitives."
(Extrait d'un éloge composé par Jean de Jandun en 1323.)

Pour l'exercice de la défense, les avocats sont alors au nombre d'une cinquantaine.
Les autres chambres du Parlement (la chambre des requêtes, la chambre des enquêtes, la chambre criminelle) ont un rôle d'auxiliaire.

 

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Un conseiller au Parlement de Paris

Charles V quitte le Palais

Les rois se sont succédé en ses murs jusqu'au futur Charles V. Le 22 février 1358, les émeutiers parisiens, sous la conduite d'Etienne Marcel, le prévôt des marchands, pénètrent dans la chambre du dauphin Charles, futur Charles V, qui gère le royaume en l'absence de son père, Jean le Bon, captif en Angleterre. Les conseillers du prince, Jean de Conflans et Robert Clermont, sont égorgés sous ses yeux dans la galerie et l'éclaboussent de leur sang, tandis que le prévôt le coiffe du chaperon rouge et bleu, aux couleurs de Paris.

Redevenu maître de la situation, Charles V quitte le Palais, qui rappelle de trop mauvais souvenirs, et lui préfère désormais le Louvre, l'hôtel Saint-Pol ou Vincennes, à l'extérieur de Paris. Charles V fait installer, sur la tour de l'Horloge, la première horloge publique de Paris, vers 1370. Dans la grande chambre, Charles V reçoit son oncle, l'empereur Charles IV de Luxembourg, en 1378. (La robe des présidents de la Cour de cassation est celle du roi en tenue d'apparat. Elle n'a pratiquement pas changé depuis… plus d'un millénaire.)
 

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Etienne Marcel protège le régent

 

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